Le calendrier 2026-2027, catégorie par catégorie
Deux échéances structurent la réforme. Réception pour toutes les entreprises assujetties à la TVA depuis le 1er septembre 2026. Émission au 1er septembre 2026 pour les grandes entreprises et les ETI, au 1er septembre 2027 pour les PME, TPE et micro-entreprises. Le principe à retenir : en 2026, tout le monde doit savoir recevoir.
Dernière mise à jour : 28 août 2026.
Beaucoup d'entreprises ont retenu une seule date, souvent la mauvaise pour elles. Un dirigeant de PME entend « 2027 » et se dit tranquille jusque-là. C'est un contresens qui peut coûter cher : dès l'automne 2026, ses fournisseurs lui adresseront des factures électroniques, et il faut pouvoir les recevoir. Prendre le calendrier au sérieux, c'est d'abord distinguer les deux obligations, puis situer sa propre entreprise.
Les deux échéances, dans le détail
La réforme distingue l'obligation de recevoir une facture électronique de celle d'en émettre. La première est commune à tous et arrive en premier ; la seconde est échelonnée selon la taille de l'entreprise.
- 1er septembre 2026 : obligation de réception pour toutes les entreprises assujetties à la TVA, sans exception de taille ; et obligation d'émission pour les grandes entreprises et les entreprises de taille intermédiaire (ETI).
- 1er septembre 2027 : obligation d'émission pour les petites et moyennes entreprises (PME), les très petites entreprises (TPE) et les micro-entreprises.
Ce calendrier est fixé par l'article 91 de la loi de finances pour 2024 (décret n° 2024-266 du 25 mars 2024 pour sa mise en œuvre). Le détail officiel figure sur impots.gouv.fr.
Dans quelle catégorie se trouve votre entreprise ?
La date d'émission qui vous concerne dépend de votre catégorie, définie par le décret n° 2008-1354 à partir de trois données du dernier exercice clos : l'effectif, le chiffre d'affaires annuel et le total de bilan.
- Micro-entreprise (au sens statistique, à ne pas confondre avec le régime micro-fiscal) : moins de 10 salariés, et chiffre d'affaires ou total de bilan n'excédant pas 2 millions d'euros. Émission en 2027.
- PME : moins de 250 salariés, et chiffre d'affaires n'excédant pas 50 millions d'euros ou total de bilan n'excédant pas 43 millions d'euros. Émission en 2027.
- ETI : n'appartient pas à la catégorie PME, occupe moins de 5 000 salariés, avec un chiffre d'affaires n'excédant pas 1 500 millions d'euros ou un bilan n'excédant pas 2 000 millions d'euros. Émission en 2026.
- Grande entreprise : au-delà de ces seuils. Émission en 2026.
En clair : l'immense majorité des TPE et PME françaises relèvent de l'échéance d'émission de 2027, mais toutes sont concernées par la réception dès 2026.
Pourquoi recevoir d'abord, émettre ensuite ?
L'ordre n'est pas arbitraire. Une entreprise ne maîtrise pas la date à laquelle ses fournisseurs se mettent à émettre : dès qu'un fournisseur passe à la facture électronique, il faut pouvoir la recevoir, sous peine de bloquer la relation. C'est pourquoi la réception est commune à tous et fixée en premier. L'émission, elle, dépend de votre propre organisation, d'où l'échelonnement. Concrètement, même une TPE qui n'émettra au format électronique qu'en 2027 doit avoir choisi sa plateforme et vérifié son référencement avant l'automne 2026, pour ne pas se retrouver injoignable.
Une réforme déjà reportée une fois
La généralisation de la facturation électronique était initialement prévue pour 2024. Elle a été reportée par la loi de finances pour 2024, qui a fixé le calendrier actuel, mis en œuvre par le décret du 25 mars 2024. Cet historique explique une partie de l'attentisme observé : « ça a déjà été repoussé, ça le sera encore ». C'est un pari risqué. Rien n'indique un nouveau report, l'administration et les plateformes se sont organisées autour de ces dates, et se préparer tôt ne coûte rien de plus que se préparer tard, sauf le stress.
Les erreurs fréquentes de lecture du calendrier
- « Je suis une PME, j'ai jusqu'en 2027 » : faux pour la réception, qui est en 2026. C'est le contresens le plus coûteux.
- « Je suis micro-entrepreneur, je ne suis pas concerné » : faux, la taille ne dispense de rien, elle ne fait que décaler l'obligation d'émettre.
- « Je facture peu, ça ne me concerne pas » : le volume n'entre pas en compte ; c'est l'assujettissement à la TVA qui déclenche l'obligation.
- Confondre la « micro-entreprise » du calendrier (catégorie statistique du décret 2008-1354) avec le régime fiscal de la micro-entreprise : ce sont deux notions différentes.
Un exemple : dans quelle catégorie tombe une PME de services ?
Prenons une société de conseil de 40 salariés, 6 millions d'euros de chiffre d'affaires, 3 millions d'euros de bilan. Effectif inférieur à 250, chiffre d'affaires inférieur à 50 millions : c'est une PME. Son obligation d'émettre au format électronique est donc fixée au 1er septembre 2027. Mais elle facture déjà de grandes entreprises, qui, elles, émettront dès 2026 : elle recevra donc des factures électroniques de ses fournisseurs et prestataires dès l'automne 2026, et devra pouvoir les traiter. Conclusion : 2027 pour émettre, 2026 pour recevoir. Le même raisonnement vaut pour l'écrasante majorité des entreprises françaises.
Recevoir, ce n'est pas passif : ce que ça suppose dès 2026
On résume parfois l'échéance de 2026 à « il suffit de pouvoir recevoir », comme si c'était automatique. Ce n'est pas le cas. Pour recevoir, il faut avoir choisi une plateforme, s'être référencé dans l'annuaire, avoir fiabilisé son SIREN et ses coordonnées de routage, et avoir vérifié qu'une facture arrive bien. Une entreprise qui n'a rien fait ne « reçoit » pas par défaut : elle est invisible dans l'annuaire, et les factures de ses fournisseurs restent bloquées chez eux. La réception se prépare donc autant que l'émission, simplement plus tôt.
Et si le calendrier changeait encore ?
La question est légitime, vu l'histoire de la réforme. Deux scénarios. Soit un report est annoncé : il ne remettra pas en cause le travail déjà fait, car choisir une plateforme, fiabiliser ses données et savoir recevoir reste utile quelle que soit la date. Soit aucun report n'intervient, ce qui est l'hypothèse de travail de l'administration et des plateformes : les entreprises préparées passent l'échéance sans heurt, les autres découvrent dans l'urgence que le raccordement ne se fait pas en un jour. Dans les deux cas, se préparer maintenant est la décision sans regret. Attendre un report qui n'arrive pas est le seul vrai pari perdant.
Ce qui se passe si vous attendez la dernière minute
Se référencer, fiabiliser ses données clients et fournisseurs, choisir une plateforme et tester les flux prend du temps, et ce temps se compte en semaines, pas en jours. Une entreprise qui s'y prend la veille de l'échéance s'expose à ne pas être joignable au 1er septembre 2026 (donc à ne pas recevoir les factures de ses fournisseurs, avec une sanction de réception à la clé) ou à ne pas pouvoir facturer ses clients assujettis le moment venu. La bonne nouvelle : l'ordre des opérations est connu, et un audit de préparation vous dit exactement où vous en êtes et par quoi commencer.
Bien lire le calendrier
En tant que PME, ai-je jusqu'en 2027 pour tout mettre en place ?
Non, c'est l'erreur la plus fréquente. La date de 2027 ne concerne que votre obligation d'émettre au format électronique. L'obligation de recevoir, elle, s'applique à vous comme à tout le monde depuis le 1er septembre 2026. Une PME qui attend 2027 pour s'en occuper ne pourra pas recevoir les factures de ses fournisseurs dès l'automne 2026.
Les micro-entrepreneurs sont-ils dispensés ?
Non. La réforme s'applique à toutes les entreprises établies en France et assujetties à la TVA, y compris les micro-entrepreneurs et les entreprises en franchise en base. Ils doivent pouvoir recevoir depuis le 1er septembre 2026, et émettre au format électronique à compter du 1er septembre 2027.
Comment savoir dans quelle catégorie se situe mon entreprise ?
La catégorie (micro, PME, ETI, grande entreprise) est déterminée selon l'effectif, le chiffre d'affaires et le total de bilan, d'après le décret n° 2008-1354. Concrètement, une entreprise de moins de 250 salariés dont le chiffre d'affaires ne dépasse pas 50 millions d'euros est une PME : elle relève de l'échéance d'émission de 2027.
Le calendrier peut-il encore bouger ?
La réforme a déjà été reportée une fois : initialement prévue pour 2024, elle a été recalée par la loi de finances pour 2024. Les dates actuelles (1er septembre 2026 et 1er septembre 2027) sont fixées par la loi et mises en œuvre par le décret du 25 mars 2024. Seul un nouveau texte pourrait les modifier ; en attendant, ce sont ces dates qui font foi et sur lesquelles se préparer.