Le cas, en trois temps
Les faits sont volontairement anonymisés — ils se produisent chaque jour
dans la plupart des grands cabinets de recrutement et agences d'intérim.
1. La candidature ciblée
Un candidat postule à une offre précise et identifiée,
via un site d'emploi généraliste qui redirige vers le site d'un cabinet de recrutement
spécialisé dans les profils cadres. L'offre est clément intitulée : poste de
responsable technico-fonctionnel dans le secteur industriel.
Pour valider sa candidature, le candidat doit renseigner ses coordonnées (nom, prénom,
téléphone, email, code postal, prétentions salariales) et charger son CV.
Une case à cocher obligatoire lui demande d'accepter la politique
de confidentialité candidat. Sans ce clic, impossible de soumettre.
2. Le premier signal faible
Quelques semaines plus tard, sans avoir été rappelé pour l'offre initiale,
le candidat reçoit un SMS. L'expéditeur n'est pas le cabinet de recrutement
auprès duquel il a postulé, mais une agence locale du même groupe,
spécialisée dans l'intérim ouvrier.
Le poste proposé est agent de production de ligne. Aucun lien avec le profil
cadre technico-fonctionnel du candidat. Le matching annoncé dans la politique de confidentialité
— des offres « adaptées à votre profil » — vient de s'effondrer
sur son premier test factuel.
3. La réponse du responsable de traitement
Le candidat sollicite le groupe pour comprendre. La réponse reçue tient en quelques paragraphes :
elle confirme la candidature initiale, rappelle la case à cocher obligatoire comme fondement
de la licité du traitement, et précise que la fiche candidat « peut également permettre
de vous contacter pour vous proposer d'autres offres ou missions ».
Cette réponse, qui se veut rassurante, concentre en réalité plusieurs confusions juridiques
et quelques manquements aux principes fondamentaux du RGPD.