1. Registre des traitements (art. 30)
Le registre des traitements est le document central
de votre conformité. Il répertorie toutes les activités de traitement
de données personnelles : finalité, catégories de données, destinataires,
durées de conservation, mesures de sécurité, transferts hors UE.
Il doit être tenu à jour et mis à disposition de la CNIL sur demande.
En pratique, toute entreprise y est soumise, car l'exemption « moins de 250 salariés »
ne s'applique que si les traitements sont occasionnels — ce qui exclut la gestion
courante (paie, clients, marketing).
2. Délégué à la protection des données (art. 37-39)
Le DPO (Data Protection Officer) est obligatoire dans trois cas :
organismes publics, activités impliquant un suivi régulier et systématique
de personnes à grande échelle, et traitement de données sensibles à grande échelle.
Même quand il n'est pas obligatoire, le DPO est fortement recommandé.
Il peut être interne, externalisé ou mutualisé. Sa mission : informer, conseiller,
contrôler la conformité et servir de point de contact avec la CNIL.
3. Analyse d'impact — AIPD (art. 35)
L'analyse d'impact relative à la protection des données
(AIPD ou DPIA en anglais) est obligatoire lorsqu'un traitement est susceptible
d'engendrer un risque élevé pour les droits et libertés
des personnes. Exemples : vidéosurveillance, scoring, profilage, biométrie,
géolocalisation de salariés. La CNIL a publié une liste de traitements
nécessitant systématiquement une AIPD. Elle doit être réalisée
avant la mise en œuvre du traitement.
4. Notification des violations (art. 33-34)
En cas de violation de données (fuite, piratage, perte, accès non autorisé),
le responsable de traitement doit notifier la CNIL dans les
72 heures suivant la découverte de l'incident.
Si le risque est élevé pour les personnes concernées, celles-ci doivent
également être informées sans délai injustifié.
Un registre interne des violations doit être tenu,
documentant chaque incident, ses effets et les mesures correctives.
5. Privacy by Design (art. 25)
La protection des données doit être intégrée dès la conception
des produits, services et systèmes d'information (Privacy by Design),
et par défaut (Privacy by Default). Concrètement : collectez
le minimum de données nécessaires, désactivez par défaut les options intrusives,
pseudonymisez quand c'est possible, intégrez des durées de conservation
dès la conception. Ce principe s'applique à tout nouveau projet.
6. Consentement (art. 6-7)
Lorsque le traitement repose sur le consentement,
celui-ci doit être libre, spécifique, éclairé et univoque.
Pas de case pré-cochée, pas de consentement groupé, pas de consentement
forcé (conditionner un service au consentement marketing est interdit).
La preuve du consentement doit être conservée. Le retrait doit être
aussi simple que l'octroi. Attention : le consentement n'est pas toujours
la base légale la plus adaptée (contrat, intérêt légitime, obligation légale
sont parfois plus pertinents).
7. Sous-traitance (art. 28)
Tout contrat avec un sous-traitant
qui traite des données pour votre compte doit inclure des
clauses contractuelles spécifiques :
objet et durée du traitement, nature et finalité, catégories de données,
obligations du sous-traitant (sécurité, confidentialité, restitution/suppression),
conditions de sous-traitance ultérieure, droit d'audit.
Les sous-traitants ont eux-mêmes des obligations propres au titre du RGPD.
8. Information des personnes (art. 13-14)
Les personnes concernées doivent être informées de manière
claire, concise et accessible lors de la collecte de leurs données.
Les informations obligatoires incluent : identité du responsable de traitement,
finalités et base légale, destinataires, durée de conservation, droits
de la personne, coordonnées du DPO, transferts hors UE, droit d'introduire
une réclamation auprès de la CNIL. Ces informations figurent généralement
dans la politique de confidentialité et les mentions légales.
9. Sécurité des données (art. 32)
Le responsable de traitement doit mettre en œuvre des mesures techniques
et organisationnelles adaptées au niveau de risque : chiffrement
des données, contrôle d'accès, pseudonymisation, sauvegardes régulières,
tests de sécurité, procédures de restauration. Le niveau de sécurité
doit être proportionné à la sensibilité des données traitées.
La CNIL publie régulièrement des recommandations (authentification, journalisation,
gestion des clés, etc.).
10. Documentation et accountability
L'ensemble de votre démarche doit être documenté :
registre des traitements, AIPD, politiques internes, contrats sous-traitants,
preuves de consentement, registre des violations, formations des collaborateurs,
procédures d'exercice des droits. En cas de contrôle, la CNIL demandera
à consulter cette documentation. Un outil comme Dativo centralise l'ensemble
de ces éléments et vous permet de produire les preuves nécessaires en quelques clics.