Qualifications et indépendance du DPO
L'article 37§5 du RGPD exige que le DPO soit désigné sur la base de ses
qualités professionnelles et, en particulier, de ses connaissances
spécialisées en droit et pratiques de la protection des données.
Expertise requise — Le DPO doit maîtriser le cadre juridique
de la protection des données (RGPD, loi Informatique et Libertés, directives sectorielles),
avoir des connaissances en sécurité informatique et comprendre le secteur d'activité
de l'organisation. Il n'existe pas de diplôme obligatoire, mais la CNIL a mis en place
une certification volontaire (référentiel agréé) qui atteste
d'un niveau de compétence reconnu. Des formations spécialisées (universités,
organismes certifiés CNIL) préparent à cette certification.
Indépendance fonctionnelle — L'article 38 est formel : le DPO
ne reçoit aucune instruction en ce qui concerne l'exercice de ses missions.
Il ne peut pas être relevé de ses fonctions ni pénalisé
pour l'accomplissement de ses tâches. Il fait directement rapport au niveau le plus élevé
de la direction de l'organisation. Cette indépendance est une garantie essentielle :
le DPO doit pouvoir alerter sur des non-conformités sans crainte de représailles.
Absence de conflit d'intérêts — Le DPO peut exercer d'autres missions,
mais celles-ci ne doivent pas entraîner de conflit d'intérêts.
Un directeur informatique, un DRH ou un directeur financier ne peut pas être DPO
car il serait à la fois juge et partie sur les traitements qu'il met en œuvre.
Le Comité européen de la protection des données (CEPD) a confirmé
cette position à plusieurs reprises.
Ressources et moyens — L'organisation doit fournir au DPO
les ressources nécessaires à l'exercice de ses missions :
temps suffisant (surtout si la fonction est exercée à temps partiel),
accès aux données et aux opérations de traitement,
budget de formation continue et outils de pilotage adaptés.
Découvrez les obligations RGPD qui incombent
aux organisations pour accompagner leur DPO.